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05/12/2003

Cahier de Rennes (4) Par dehors — (English text, click here)


premières notes :
Cahier de Rennes (1) — Par dedans
Cahier de Rennes (2) Par dehors — Ballade sonore — 1 kilomètre — 1 heure
Cahier de Rennes (3) Par dehors — (11h10 — rue de Nemours — l'aveugle)

(vendredi 30/11/01 — 17h00 — TGV vers Paris)


À la gare, endossant mon sac à dos, je me retourne et, au milieu de l'espace face à moi, le vieux couple d'aveugles. Au beau milieu, sans longer les murs! Elle, doit encore percevoir les lumières… Ils doivent être habitué au trajet…

Je m'adresse à elle qui me demande des infos trains. Signalant que je n'étais pas du tout de la SNCF, elle s'en va en s'excusant, me laissant planté là.

Après quelques hésitations je choisis de les suivre.

Francs, déjà ils traversent l'espace, lâchant les repères des murs pour s'égarer vers les sièges avant de repartir vers l'accès aux quais. Descendant les escaliers, compostant leurs billets (attachés par un trombone) ils vont sans attendre, mais sans précipitation non plus, au beau milieu du couloir jusqu'au quai n° 5. Comment ont-ils perçu la distance, le bon escalier vers le bon quai? Mystère. Vision des lumières? Habitude? Comptage d'une sorte ou d'une autre?

Ils montent sur le quai et s'approchent du train voie 5, se mettent à le longer vers l'avant, pataugeant allégrement dans les flaques de bordure (mais que faire d'autre?). Ils vont jusqu'à l'arrière de la locomotive et reviennent sur leur pas. Encore une fois, comment ont-ils perçus le changement wagon/loco? Impossible à dire.

Ils cherchent un peu la porte et alors, c'est elle qui tâtonne avec ses mains (toucher fonctionnel au plus haut degré) après le bouton d'ouverture. Ses mains cherchent, s'éloignent, reviennent mais ne trouvent pas. Je choisis finalement d'intervenir. Je veux lui expliquer que le bouton est plus à gauche. Elle réagit un peu tard, cherchant de la main alors que j'ai déjà appuyé (trop vite donc) et que les portes s'ouvrent.

Ils montent. “À gauche” dit-elle. Ils cherchent le nouveau bouton de la nouvelle porte. C'est lui qui le trouvera. Je m'éloigne.

Il n'y a aucune existence de sensibilité tactile dans tout cela. Une fonctionnalité indispensable.
Un agacement, une habitude.

Perpétuel quotidien dont il faudrait se préserver affectivement pour tenir le coup?

C'est d'une autre dimension du toucher dont je veux témoigner.
Celle à risque émotionnel, la fragile, la mouvante, l'éradiquée, la taboue.

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Note book of Rennes (4) Outside — (texte français, cliquez ici)


firsts notes :
Note book of Rennes (1) — Inside
Note book of Rennes (2) Outside — Sound Walk — 1 kilometre — 1 hour
Note book of Rennes (3) Outside — (11:10 — Nemours’ Street — the blind man)

(Friday 30/11/01 — 17.00 — TGV to Paris)


At the station, putting on my rucksack, I’m going back and, in the middle of the space at my front, the couple of old blind people. In the middle, without going along walls! She, must always perceive lights… They must know already the way…

I talk to her and she asks me train’s information. When I’m answering that I’m not working for SNCF, she leaves and apologizes, leaving me standing.

After some hesitations, I decide to follow them.

Frank, they are already going trough the space, leaving marks of walls, getting lost in front of public seats before to go again to platform accesses. They get down stairs, punches tickets (linked with a paper clip) and without pause, but not speed more, they walks in the middle of corridor to de platform 5. How did they perceive the right distance, the right stairs to the right platform? Mystery. Perception of lights? Habit? A kind of counting?

They get up to the platform and go close the train, go along it, wading cheerfully in the puddles on the border (but how doing not?). They go to the back of engine and come back. Again, how do they perceive the change wagon/engine? Impossible to say that.

They search a moment for the door and she gropes about with her hands (functional touch in the highest level) to the opening push-button. Her hands search, go away, come back but don’t find. Finally I choose to intervene. I want to explain the button is more to the left. She reacts a bit later, searching with her hand when I already pushed on (too much fast, in fact) and doors are opening.

They get up. “Left” she says. They search the new button of the new door. He finds it. I leave them.

There is no existence of tactile sensibility there. Just an indispensable functionality.
An irritation, a habit.

Perpetual daily of which it would be necessary to preserve itself affectively to hold out?

It’s to another level of touch I want to testify.
Which one with emotional risk, the fragile, the moving one, the eradicated, the taboo.

18:00 Écrit par BroC | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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